• Camogli - Italie


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  • Un jour, j’avais un chien qui s’appelait Titus. Un caniche abricot très beau, pour un chien.

    C’était une chaude après-midi d’été dans le jardin d’une maison de vacances du village de Cavalière. La fumée de notre barbecue se mêlait à celle des cigarettes que s’enchaînait ma tante venue du Maroc passer son premier été français. Une table de ping-pong déballée pour mon père et mon frère, moi qui chantais « Rio Grande », ma mère le nez dans les plantes, et Titus, coupe d’été, les oreilles dégoulinant sur la gueule. Un corps d’asticot à peine dissociable des chenilles et autres bêtes non identifiées s’arrachant les épluchures de pipas soles que nous jetions négligemment par terre pendant nos parties de huit américain.

    Bref, le tableau classique d’une famille en vacances.

    Quand tout à coup surgit, on ne sait d’où, un sanglier. Et en une seconde, s’est déroulée l’une des confrontations les plus absurdes de ma vie. Il faut dire que nous étions sérieusement en danger. Peut-être même mortel. Un sanglier qui m’arrivait à la taille (moi…), qui ne faisait sûrement que passer. Mais pour Titus, peu importe la différence de taille ou de race.

    Peu importe, surtout, le ridicule. Moi, Titus, 4 ans et demi, je m’en vais protéger ma petite famille d’adoption contre l’invasion terroriste. Et pour bien montrer que je suis fidèle, je n’hésite pas - ce n’est pas le genre de la famille : je FONCE droit sur lui. Je FONCE en aboyant de ma voix de chiot (te) - ça soulage, parce que j’ai quand même bien la trouille; et là, je me fais éclater la tronche et récupérer en plein vol par le père de cette salle mioche.

    Tout cela, l’espace d’une seconde. Un exploit pour Titus. Un mélange de courage et de débilité, de bravoure et de connerie pour nous.

    La majeure partie du reste de l’année, Titus la passait dans le sous-sol de notre maison de Montreuil sous-bois, affalé sur un siège en velours marron foncé baptisé « trône », les yeux mi-clos, l’air parfaitement idiot, hypnotisé, « bêtisé » par des murs dépeints et un bruit quasi-constant de clavier d’ordinateur.


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    Paris - Canal Saint Martin

    Photo sélectionnée pour l'exposition Invisible Walls (Paris, mai-juin 2015)


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