• Brocante - Paris 10ème (2013)


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  • Sous le soleil de Griffith Park (Los Angeles), un père dévoué apprend le baseball à ses gamins.


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  • Je me souviens du déménagement des playmobils de ma chambre vers le grenier, qui annonçait chaque année la rentrée. Un trésor d’imaginaire en suspens jusqu’à la fin de l’hiver. Tous les jours, avant de me coucher, j’entrouvrais discrètement la porte du grenier, la larme à l’œil (la larme des parents indignes), pour m’assurer qu’ils tenaient le coup. Seule Magma me réchauffait le cœur avec son sourire (bon, c’est vrai, ce n’était pas la seule playmobil à sourire…). Il y avait aussi un truc que j’adorais particulièrement faire: enlever et remettre leur cheveux. J’entends encore ce « clic » jouissif. Mais cette découverte s’est soldée par l’un des épisodes les plus marquants de mon enfance, que j’ose ici enfin retranscrire.

    Un jour de maternelle, j’ai décidé, après accord de la communauté playmobilisique, de présenter à mes collègues de travail un de mes Playmobils, une petite fille brune avec une robe rouge, soit l’une de mes premières acquisitions obtenue après deux grinches et demi au Carrefour du centre commercial de Rosny 2 ; une playmobil qui me ressemblait et que j’ai donc appelé « La Shnie ».

    Afin de promouvoir la politique playmobilistique et d’essayer, tant bien que mal, d’éduquer mes morveux de camarades, je consens, à contre cœur comme vous le devinez, à PRÊTER « La Shnie », autrement-dit moi en playmobil (ce qui n’est pas rien, merde !) à une autre fille (je pense que c’était Bella, mais la loi du 15/11/2000 relative à la présomption d’innocence m’interdit de l’accuser publiquement).

    Et là, en une seconde, juste le temps de renverser un pot d’encre marron sur une feuille (ce qui allait devenir l’arbre le plus beau que j’ai jamais "dessiné"), juste pendant ce foutu temps, cette foutue seconde, j’ai tout de suite compris qu’il ne fallait jamais faire confiance aux collègues de travail.

    Car en une seconde, cette  bambine m’avait massacré mon playmobil, et d’une manière on ne peut plus perverse. Le corps était intact, le visage aussi. Elle avait juste massacré les cheveux. Elle avait sans doute voulu, comme si c’était à la portée de tous, enlever ses cheveux et les remettre, pour entendre ce fameux « clic » presque orgasmique.

    Depuis, impossible de remettre ces cheveux. En écrivant, j’ai envie de me les arracher. C’était tellement horrible de voir « La Shnie », ma Shnie, avec ses cheveux ni mis, ni enlevés, entre les deux, et abîmés sur le dessus, comme si elle avait été mordue par l’ogre Bella. Alors que moi, la fausse Shnie, moi, j'avais fait l'effort d'emmener mon playmobil préféré jusqu’à l’autre bout de la rue, jusqu’à la Maternelle Casanova.

    Mais cette marquante mésaventure n’est en réalité pas seule à l’origine de mon traumatisme. Après mure réflexion, je pense que la rancœur que je traîne depuis tout ce temps, ce poids au cœur, cette douleur, je la dois au fait qu’à l’occasion de cette amputation, j’ai découvert le clone playmobilistique.

    Car oui, il a fallu la remplacer cette Shnie inopérable, cette Shnie condamnée. Tout le monde a eu beau me le cacher, mais moi, je l’ai vu de mes propres yeux, (et de mes propres lunettes immondes à fleurs violettes et vertes): il y avait plusieurs Shnies au Carrefour de Rosny 2. Toutes les unes derrière les autres, toutes emballées pareil.

    Aujourd'hui, j’ai toujours ce playmobil brune à robe rouge de substitution sur ma table de chevet. Mais jamais, au grand jamais, je n’oublierai ma première playmobil Shnie, victime de l’indifférence (peut-être même de l’alcoolisme ou de la drogue) des jeunes. Non, jamais je ne t’oublierai, ma Shnie destroyed.


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  • Paris 10ème - Maison de l'architecture


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  • Une petite pièce avec du papier peint déchiré et une poignée de porte cassée. Tout en haut, une lucarne, sans pouvoir rien voir à travers. Sur une étagère, des draps, des couvertures, des pyjamas, des nounours, des cadeaux de Noël cachés, et plein d'autres objets non identifiés.

    Par terre, tout plein de chaussures : à talon, à bouts ronds, en tissu, en cuir, de toutes les couleurs. Les chaussures sérieuses, de réunions politiques ; les charentaises, de digestion gastrique. Des parapluies aussi, presque tous cassés. Et une odeur : celle de cuir et de bois mouillés.

    Ce placard à chaussures a-t-il vraiment existé ?


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